CRUNET Jean Fernand Jacques alias Hubert
Résistant FTP du détachement Patrie
déporté n°77057
par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 23 août 2026
Né le 28 juin 1897 à Rollancourt (Pas-de-Calais), il est le fils de Zéphir Crunet et de Marie Grandel.
Engagé volontaire pour la durée de la guerre le 14 juillet 1915, il sert successivement au 5e RAC, au 107e, 109e et 120e RAL. evacué sanitaire le 1er octobre 1917, il est affecté à la Compagnie des Chemins de fer du Nord le 9 juillet 1919 avant d'être démobilisé le mois suivant. Ses actes de bravoure lui valent la remise de la Croix de guerre 14/18.
Il épouse Georgette Sophie Florence Petit native d'Ercuis, le 20 septembre 1920 à Chambly (Oise) qui lui donne trois filles : Emme Marie Valentine (Chambly, 15 mai 1921 - Pontault-Combault 13 mai 1996), Odette (Avion, 27 janvier 1925 - Pontoise, 24 août 2012) et Jacqueline Georgette Jeanne (Ennery, mai 1926 - Mallemort, 26 décembre 2019).
Jean Crunet est noté menuisier en 1921. Sa famille est domiciliée dans la Cité ouvrière du Moulin Neuf, au n°37 de la rue du Capitaine Dangeville.
Employé de la SNCF au Moulin-Neuf, à Chambly, il est ouvrier au service de la Vie et Bâtiments (Ateliers VB). Militant syndical, il est membre des Amis de l'URSS.
Il demeure alors au n°9 de la rue Eugène-Despierre à Chambly.
Dans la Résistance
En 1941, il participe à la Résistance communiste au sein des FTP du détachement Patrie et porte le matricule 1546.
Il distribue des tracts et réalise des sabotages.
Sa fille Emme épouse en 1941 Norbert Deschaintres qui le rejoint dans la Résistance. Ce dernier est arrêté par les Allemands, détenu au fort de Romainville et massacré avec d'autres prisonniers le 24 août 1944.
Arrestation
En congé le 13 avril 1944, Jean Crunet se rend à l'inhumation de l'enfant d'un camarade. Il est arrêté à la porte du cimetière de Chambly par les inspecteurs Charlot, Didon, Belaigue et Monle de la brigade spéciale n°2 pour être interrogé au sujet d'un sabotage commis sur la ligne Persan-Pontoise au lieu-dit Champagne le 5 novembre 1943.
Son nom aurait été retrouvé dans les papiers d'un agent arrêté sur la ligne Paris-Rouen.
Emmené à l'annexe de la préfecture de police de Paris, quai de l'Horloge, il est incarcéré à la prison de Frênes peu après.
Remis aux autorités allemandes, il est déporté à Buchenwald par le convoi du 15 août 1944 au départ de la gare de marchandises de Pantin. Transféré à Dora, il décède le 3 janvier
1945 à Ellrich.
Reconnaissances
Il reçoit à titre posthume la Croix du combattant volontaire et la médaille de la Résistance.
Son nom figure à cinq endroits de Chambly : sur le monument aux morts, sur les plaques commémoratives de l'église Notre-dame, sur le monument commémoratif des Résistants, sur la stèle des cheminots des atelliers du Moulin-Neuf et sur une plaque de rue.
Après guerre, son épouse se fait abuser par un escroc, Pierre Lilas, qui, se faisant passer pour un résistant évadé du même camp que son époux, lui fait croire que ce dernier est vivant et détenu par les Russes à Reshendorf. Son imposture est découverte en 1946.
Sources
Kléber Dauchel, Le groupe Patrie dans la lutte conotre l'occupant nazi, 1979 - Genweb - Arolsen - FMD TIII p.149 - Dictionnaire des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, notice de J-F Monnet, p.564 - Archives départementales de l'Oise 3E139/36 f.230 acte 55, 6Mp160.