BOISSONNET Suzanne
Résistante du mouvement Résistance et du réseau Jean-Marie
déporté n°47326
notice créée le 20 juin 2003 par Jean-Pierre Besse, mise à jour par Jean-Yves Bonnard le 7 décembre 2025 et par Marc Pilot le 22 décembre 2025
Née le 25 septembre 1903 aux Essarts (Charente), fille de Jean Boissonnet et de Théodorine Giret, elle s'installe en 1932 à Compiègne où elle tient une pension de famille au n°6, rue Edouard-Dubloc (face à l'immeuble réquisitionné par les Allemands en 1940 pour la kommandantur). Elle est divorcée de M. Dieudonné. Suzanne Boissonnet a à son service une employée, Henriette Cochet.
Dans la Résistance
Elle participe au réseau Jean-Marie d'avril 1942 à juillet 1943.
Elle appartient au mouvement Résistance de mai 1943 au 5 juin 1943 et est notée agent P2 chargée de mission de 3e classe au réseau Ralph-Allais-Coville avec le grade de sous-lieutenant du 5 janvier 1943 au 6 juillet 1943 (Lieutenant colonel Ogé). Selon Fleury, elle résiste au sein de l'OCM, secteur de Compiègne, du 1er juin 1943 au 6 juillet 1943.
Sa pension est un asile pour des résistants, notamment André Dumontois et Charles Gass. Elle héberge aussi un responsable du BOA chargé des parachutages. Sa pension, lieu de réunions clandestines, est aussi un dépôt d'armes et d'explosifs.
L'arrestation
Elle est arrêtée le 6 juillet 1943 (un rapport de police note le 5) par la Sicherheitspolizei de Saint-Quentin avec son ami, Hubert Laffitte, ancien sous-officier de carrière, et deux "passagers", Charles Gass et son frère Henri. André Guénin (alias Marcel Renard) venu de Paris apporter des directives est arrêté par la suite.
Elle est ensuite conduite en voiture avec Hubert Laffite, Charles Gass (passé à tabac), au domicile de Mme Dumontois à Noyon pour une confrontation.
Elle est internée le même jour à Saint-Quentin (Aisne), interrogée puis transférée au camp de Royallieu le 18 novembre 1943 avant d'être incarcérée à Fresnes-Romainville le 18 décembre 1943.
La déportation
Suzanne Boissonnet est déportée le 18 juillet 1944 au départ de Paris à destination de Ravensbrück . Elle est libérée le 30 avril 1945 (on note aussi le 8 mai 1945 et le 4 juin 1945).
Durant son absence, la pension de famille est investie par les Allemands.
Elle reçoit la médaille de la Résistance en 1948 et la Croix de guerre avec étoile d'argent en 1950.
Hubert Laffitte et Charles Gass décèdent en déportation.
Sources
Arch. départ. Oise 1232W259 - POIRMEUR André, Compiègne 1939-1945, 1968 - Notice sur André Guénin par Jean-François Monnet in Livre des 9000 déportés de France à Mittelbeau-Dora, p.1043-1044.