Les bombardements de Compiègne

notice créé par Jean-Pierre Besse le 20 juin 2003, mise à jour le 24 mai 2026 par Jean-Yves Bonnard

 

Les bombardements alliés sur la ville s’échelonnent entre le 14 mai et le 31 août 1944. A partir du 11 juin, ils deviennent de plus en plus nombreux et particulièrement meurtriers les 5 et 9 août 1944. Face à cette menace sur la ville où transitent de nombreux convois militaires par son nœud ferroviaire, les habitants se trouvent démunis. Tandis que la Défense Passive se renforce, le clergé de la ville et la municipalité  se réunissent le 25 juin 1944 dans l'église Saint-Jacques et font le vœu d'actions de grâce dans les trois paroisses de la commune le 15 août de chaque année pour que Compiègne soit épargnée par les bombardements.

Le bombardement du 5 août 1944

Le plus important touche le quartier de la gare le 5 août 1944. A 12h 05, en cinq minutes, sont larguées 150 bombes de gros calibres. Malgré les mesures de préservation prises, on compte trente-trois morts et soixante-neuf blessés auxquels il faut ajouter 410 sinistrés.

Récit d'André Poirmeur, Compiègne 1939-1945, p.144.

"Le 5 août les sirènes annoncent le début de l'alerte à 10h30 et la fin à 11h40, mais une demi-heure plus tard à12h10, sans alerte cette fois, 24 bombardiers américaines volant d'est en ouest en quatre vagues surgissent et déversent leur chargement sur le quartier de la gare dans un épouvantable fraca. On compte 87 points de chute. La ville est plongée dans un océan d'obscurité chargé de fumée épaisse, de terre et de cendres qui s'élèvent à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Des décombres d'une chocolaterie, on dégage le corps d'une grand-mère Mme Féret, de son fils et de sa belle fille et de deux enfants qu'elle serre dans ses bras; à la gare on compte six cheminots tués; dans les maisons voisines 37 tués et 101 blessés grièvement".

Victimes du bombardement du 5 août 1944

Berthelemy Alphonse Marcel

Berthelemy Marguerite Estelle

Berthelemy Laure Marie

Boucher Constant

Chopin Jean (SNCF)

Coulette Jeanne Gabrielle

Eloy Kléber

Eteocle Daniel (SNCF)

Féret Andrée Jeanne

Feret Suzanne Augustine

Féret Patrick Louis

Féret Jean Paul

Goulet Marcelin

Humez Robert

Langelez André Louis

Madelmont Eléonore Laurence

Magnen Claire

Martin Pierre Joseph

Pacthod Auguste

Pinquier Antoine Jean

Ramel Berthe

Roque Georges Gaston

Sudel Jean Léon Marie

Tassin Marie

Valentin Marcel

Le bombardement du 9 août 1944

Trois jours plus tard, le 9 août, à 12 h 35, en quatre minutes, cent bombes sont lancées. Elles détruisent le pont ferroviaire de Soissons et causent la mort de soixante-quatre personnes en partie des internés de Royallieu embauchés pour déblayer les dégâts du bombardement précédent. On dénombre aussi cinquante et un blessés et 392 sinistrés. De nombreux internés profitent de la situation pour s'évader.

Récit d'André Poirmeur, Compiègne 1939-1945, 1968, p.144-145.

"Le 8 août à 13h40, trois vagues de 6 bombardiers, soit 18 appareils, attaquent le terrain d'aviation ennemi, les dégâts sont purement militaires. Mais le 9 août pendant que 200 internés du camp de Royallieu réparent les voies ferrées détruites quatre jours auparavant, 36 appareils en formation de six vagues larguent à haute altitude une centaine de bombes de gros calibres sur le pont de la ligne de Soissons, les deux berges de l'Oise avoisinantes et le chantier des voies en réfection. Ce fut un terrible massacre, les internés prévoyant le bombardement, s'apprêtaient à fuir, les nazis les mitraillèrent et en tuèrent une dizaine. Une vingtaine de citadins et une soixantaine de ces malheureux internés succombèrent sous le déluge. Dans le voisinage rasé, on rechercha des habitants qu'on ne retrouvera jamais. Vingt-sept Allemands avaient été tués. Les blessés étaient nombreux, quatorze prisonniers soignés à l'hôpital seront réinternés, une vingtaine de rescapés s'enfuirent et se réfugièrent chez l'habitant. Deux furent pourtant refoulés du CRTPG par le colonel "français" auquel ils demadaient asile."

Victimes du bombardement du 9 août 1944

Braux Marcel René

Boulanger Georges (prisonnier)

Cardot Roger Anselme

Cobast Georges (prisonnier)

Colpin André (prisonnier)

Demay Emile

Dupont Robert André (prisonnier)

Dupuis Guilbert

Durque Noël (prisonnier)

Gossard André Georges (prisonnier)

Huart André

Le Floch Jean (prisonnier)

Mahy Albert Marie (prisonnier)

Parisy Pierre Eugène (prisonnier)

Pinquier Antoine Jean

Pireyre Lucien Annet (prisonnier)

Robinot Maurice Marius (prisonnier)

Serin Roger (prisonnier)

Thorin Henri Emilien

Trouvay Ernest Joseph Emile (prisonnier)

L’agglomération de Compiègne subit un nouveau bombardement le 10 août vers 18h 20 qui touche le dépôt des machines. Trois jours plus tard, un avion isolé lance des bombes sans gros dégâts. Enfin le 26 août, vers midi, les postes à essences de la route de Choisy sont la cible d'escadrilles, faisant deux blessés.

Un vitrail dédié à saint Michel rappelant le vœu des Compiègnois sera installé dans l'église Saint-Antoine.

 

Sources :

Arch. Dép. Oise, 1 232 W 54 - Elie Fruit (sous la dir. de), Histoire de Compiègne, Editions des Beffrois,1988, 327 pages - Presse locale.

Les évadés lors du bombardement du 8 août 1944

notice créée par Jean-Yves Bonnard le 24 mai 2026


A la suite du bombardement du 5 août 1944 sur les infrastructures ferroviaires de Compiègne et de ses environs, l'autorité allemande décide du déblaiement des gravats en utilisant comme main d’œuvre des prisonniers du camp de Royallieu. Parmi eux, quatorze raflés de Salency.
Les captifs sont conduits sous bonne garde sur site et procèdent à la remise en état des infrastructures. Mais le 9 août 1944, une nouvelle vague de bombardiers prend le site pour cible.

Sous le fracas des bombes, les prisonniers tentent de trouver un refuge. Certains sont tués par le bombardement, d'autres par les tirs des Allemands qui tentent de contenir leur fuite. Sur les 200 prisonniers de Royallieu pris sous le déluge de fer, une quinzaine sont retrouvés morts, une quinzaine sont blessés et une vingtaine parviennent à prendre la fuite en trouvant asile chez l'habitant. Les autres sont repris par les Allemands et reconduits au camp de Royallieu (dont Clément Leclerc, de Salency).

Prisonniers du camp de Royallieu évadés le 9 août 1944

Bénardeau Léon

Besnard Henri

Boitieux Kléber

Bulfoné Honoré

Carreau Marcel

Cavé Joseph

Decressionnière René

Desainquentin Guy

Descamps Pierre

Dufour Georges

Fleury André

Gaudet Jacques

Jullien Louis

Maurice Paquier

Pineau Henri

Sézille Yves