Les Soviétiques dans la Résistance dans l'Oise
par Maryline Limonier
Les Soviétiques qui participent à la Résistance dans l’Oise sont des évadés des lieux de détention de l’Oise ou d’autres régions. On en trouve trace dans tout le département, travaillant clandestinement pour des forestiers, des agriculteurs, cachés par des particuliers ou par la Résistance, individuellement ou en groupe. Des Soviétiques sont ainsi mentionnés à Précy-sur-Oise, Saint-Vaast-Lès-Mello, Thiers-sur-Thève, Saint-Sauveur, Néry...
A Compiègne, le Mouvement Ouvrier International (MOI), fondé par Manouchian et rattaché au FTP, désigne André Poirmeur « pour entrer en relation avec les étrangers, connaître leur opinion et si possible les recruter et combattre la propagande ennemie » mais aussi « récupérer les prisonniers soviétiques évadés lors des bombardements massifs » notamment sur Saint-Léger, Creil et Saint-Leu-d’Esserent.
A Senlis, le russophone André Folliot (FN) assure la même mission. En effet, dans le Creillois, la plupart des résistants soviétiques sont des évadés du camp du Moineau. Aidés par la population, des résistants (comme André Folliot) et des Russes blancs (comme Serge Lubanoff), certains sont pris en charge par les FTP qui les dispersent ensuite, en particulier dans la région de Crépy-en-Valois.
Le maquis de Marquéglise
Dans le Compiégnois, les résistants parlent surtout des Arméniens. Charles Barriquand mentionne d'ailleurs la création, sous sa direction, d'un maquis des Arméniens proche de celui de Rimberlieu. André Poirmeur évoque la présence d’un détachement de prisonniers soviétiques d’origine arménienne installés dans le château de Marquéglise lui-même propriété d’un Arménien. Ce groupe, auquel appartient Alexandre Pachinian, mène des actions de
harcèlement contre les Allemands et doit livrer de sérieux combats.
Le détachement Jaguar à Mouy
Ce détachement FTP est issu du groupe international de francs-tireurs formé par Michel Legrand, alias Edouard, réunissant des Français, des Espagnols, des Estoniens, des Polonais, des Russes et des Allemands. Dans la nuit du 27 au 28 mai 1944, quatre évadés d’un camp de prisonniers du Moineau, Vassili Mehckov, Anatoli Ababkov, Mikhaïl Mikhleson et Fedor Nevedomski, trouvent un hébergement chez Serge Lubanov, émigré russe à Mouy depuis 1935, lequel les conduit à Legrand et leur sert d’interprète. Ce dernier forme le 9 juin dans une forêt près de Montataire plusieurs détachements dont le groupe Jaguar, composé d’une soixantaine d’hommes placés sous les ordres du commandant Mechkov et encadrés par le capitaine Serguei Sorokine et le sous-lieutenant Anatoli Ababkov. Le détachement Jaguar trouve des armes en attaquant des Allemands, puis réalisent des sabotages.
Saint-Germain-la-Poterie : maquis ou camp de prisonniers ?
Une première version présentée par Jean-Pierre Besse évoque la formation d'un maquis de Soviétiques dans une ferme à Saint-Germain-la-Poterie.
Une autre version, plus probable, est présentée par Frédéric Charpier dans son Histoire de l’extrême-gauche trotskiste. Il y fait état de l’existence d’un camp de détention où les Allemands ont « parqué pêlemêle, au camp de Beauregard, des femmes, des enfants, des civils, des militaires, russes, ossètes, tcherkesses et d’autre nationalités encore ».
Le cimetière soviétique de Noyers-Saint-Martin
Inauguré en 1981 sur le site de l'ancienne base de transmissions de l'armée de l'air de Noyers-Saint-Martin, ce cimetière militaire soviétique de 16 591m² contient 4 598 corps de soldats soviétiques tombés sur le sol français durant la Seconde Guerre mondiale."
Sources
Résistance 60. Auteurs: JP Besse et JY Bonnard
Pour l'analyse complète, lire www.resistance60.fr/socio-sovietiques
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les soviétiques présents en France pendant la guerre lire:
-les ouvrages de Gaston COUDRY dont l'article
Le regroupement des ressortissants soviétiques en France à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, L’accord de Moscou du 29 juin 1945, in guerres mondiales et conflits contemporains, n°177, PUF, 1995.
-PAVLOKA Anastasia,
Les Russes et les Soviétiques en France durant la Seconde Guerre mondiale : entre collaboration et résistance, Histoire, 2015 (Thèse de master)
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01256694