GASS Charles Victor
Résistant FTP du Détachement Kellermann
Déporté n°39937
par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 7 décembre 2025
Un résistant communiste
Né le 5 décembre 1920 à Sèvres (Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine), fils de Léon Gass (1881-1949) et d'Henriette Plessis (1888-1968), il est domicilié à Thourotte (Oise). Ouvrier verrier à l'usine de Chantereine, ce résistant du groupe Dumontois participe à plusieurs actions dont la constitution de dépôt d'armes dès 1940, le déraillement d'un train de permissionnaires allemands dans la nuit du 23 au 24 février 1943 à Pimprez (28 morts), le jet de bombes sur la kommandantur et le mess des officiers de Thourotte.
De l'arrestation à la déportation
Il est arrêté par la police de sûreté allemande de Saint-Quentin (Sicherheitspolizei, dépendant de la BSD de Paris) le 6 juillet 1943 à la pension de famille de Suzanne Boissonnet, à Compiègne (face à la kommandantur) avec la directrice, Hubert Laffitte et André Guenin. Il porte alors sur lui un révolver et un parachute anglais est trouvé caché à son domicile. Son frère Henri (1925-2024), requis civil pour le travail rural à Ecuvilly, est arrêté le même jour.
Charles Gass est passé à tabac lors de son interrogatoire. Les Allemands arrosent au vinaigre ses plaies au visage pour le faire parler. Le visage méconnaissable, il est conduit en voiture avec Suzanne Boissonnet chez Mme Dumontois à Noyon pour une confrontation. Il est ensuite incarcéré à la prison de Saint-Quentin.
Lors de son audition par l'inspecteur Larroque, de la 21e Brigade Régionale de police de Sûreté, le 14 août 1943, en même temps qu'Albert Leroy, il reconnaît les attentats suivants:
- dans la nuit du 23 au 24 février 1943, sur la voie ferrée Pimprez-Ribécourt,
- le 18 avril 1943, sur le pont de Bailly et sur un dépôt de paille à Ribécourt,
- le 9 mai 1943, contre la voie ferrée entre Salency et Baboeuf,
- le 18 mai 1943, sur la maison de M. Chefdeville, maire de Beaulieu-les-Fontaines,
- le 2 juin 1943, sur des pylônes de haute tension à Beaulieu-les-Fontaines.
Plusieurs noms sont aussi cités notamment celui d'André Dumontois (il ignore qu'il est mort).
Transféré le 20 novembre 1943 au camp de Royallieu (n°20924), il est déporté avec François Camus et Christian Desseaux par le convoi du 17 janvier 1944 au départ de Compiègne à destination de Buchenwald où il est admis le 19 janvier suivant. Il décède à Dora le 1er mai 1945 à l'âge de 24 ans.
Son nom figure sur le monument aux morts de Thourotte. Une rue de Thourotte porte son nom. Il reçoit à titre posthume la Croix de guerre 39/45 avec étoile d'argent en 1947, la médaille de la Résistance en 1958 et la mention Mort en déportation le 10 août 1992.
Sources
AC 21 P 453968 - Arch. départ. Oise 1232W259 - FMD - Arolsen - Lettre manuscrite de René Dumontois - DUMONTOIS René, Souvenirs de résistance, in Pages de la Résistance n°10, ANACR-Oise, décembre 1998, 10p. - MONNET Jean-François, Notice Charles Gass par Jean-François Monnet, in Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, p.922, 2020. - POIRMEUR André, Compiègne 1939-1945, 1968, p.38-42.