HÉNAULT Richard, Lucien, Émile
fusillé dans la caserne Agel
par Jean-Yves Bonnard
Né le 11 septembre 1903 à Ons-en-Bray (Oise), cet homme marié exerce la profession d’ouvrier agricole. Connu par les services de police pour des faits de proxénétisme en prostituant son épouse il est impliqué dans l’Affaire Wallard. En octobre 1940, Victor Wallard aurait encouragé la femme de Richard Hénault à fréquenter des soldats allemands.
Ce jour-là, des soldats allemands ivres et un dénommé Masselin se rendent au domicile de Victor Wallard pour voir Mme Hénault. Une bagarre s’en suit, Richard Hénault frappe à la gorge avec une hache un soldat allemand. Deux autres soldats sont blessés par des coups de feu. Richard Hénault prend alors la fuite.
Arrêté, Victor Wallard est traduit en cour martiale le 16 octobre devant le tribunal militaire allemand FK580 d’Amiens lequel prononce la peine de mort à son encontre pour avoir commis des actes de violence contre l’Armée allemande et pour avoir possédé des armes et des munitions.
Richard Hénault, arrêté par la Feldgendarmerie le 20 octobre après s’être caché dans les bois, est jugé trois jours plus tard par le même tribunal qui le condamne également à mort pour avoir assassiné un soldat allemand. Il est exécuté le 26 octobre à 18 heures dans la caserne Agel de Beauvais par un peloton allemand.
Une jeune fille de vingt ans sera aussi condamnée à deux ans de prison.
Victor Wallard est fusillé à son tour le 1er novembre 1940 à 18 heures dans la caserne Agel de Beauvais.
Dans son ouvrage La France dans la Seconde Guerre mondiale, Yves Durant évoque l’affaire parmi les premiers actes de résistance à l’oppression allemande : « Dès l’été 1940, celui-ci [l’oppresseur] est amener à réprimer les premiers actes dirigés directement contre lui ; pour décourager ceux qui seraient tentés d’en suivre l’exemple, il s’emploie à faire connaître partout en zone occupée ses actes répressifs. Des affiches bilingues, encadrées aux couleurs allemandes, distribuées dans les mairies pour être obligatoirement affichées en public, annoncent la condamnation à mort et l’exécution pour « actes d’hostilité » de Français dont les noms aujourd’hui oubliés, peuvent être tenus pourtant pour ceux, incontestables, des premiers résistants : (…) Hénault, bûcheron à Saint-Germain-la-Poterie dans l’Oise, fusillé pour sabotage le 20 octobre 1940 ; Victor Wallard, manœuvre, de l’Oise également, détenteur d’armes et agresseur de soldats allemands, fusillé le 2 novembre, etc. Les professions de ces premières victimes de la répression nazie, le plus souvent modestes, montrent le caractère populaire de leur recrutement ».
Sources :
Durant Yves, La France dans la Seconde Guerre mondiale, Armand Colin, 1988.
Stévenot Frédéric, https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article167183 - AVCC, Caen, 21 P 408108.





